Toutes les langues sont les bienvenues. Sauf celle du PowerPoint.
Toutes les langues sont les bienvenues. Sauf celle du PowerPoint.
Résumé
Latin, French, and regional tongues carry memory, prayer, and density. Managerial English flattens faith into event, process, and comfort.
Texte
Qu’on parle latin, français, provençal, breton, arabe, allemand — peu importe.
Ces langues ont une chose en commun : elles ont déjà servi à prier.
Elles ont porté des larmes, des psaumes, des cris, des silences. Elles savent ce que c’est que se taire devant Dieu. Elles ont une mémoire. Une épaisseur. Une lenteur.
Elles ne cherchent pas à être efficaces. Elles cherchent à être justes.
Le problème n’est donc pas l’anglais.
C’est l’anglais sans mémoire, celui des open spaces, des séminaires d’entreprise, des tableaux blancs et des post-its.
Celui qui n’a jamais servi à supplier le Ciel.
Dans ces réunions paroissiales qui veulent « faire jeune », on n’entend pas une langue vivante. On entend un jargon utilitaire : meeting, team, vision, project, feedback, icebreaker.
Ce ne sont pas des mots qui prient.
Ce sont des mots qui organisent.
Et la foi ne s’organise pas. Elle se reçoit.
Quand on parle français, même maladroitement, il reste des mots qui pèsent : péché, grâce, conversion, vocation, salut.
Quand on parle une langue régionale, il reste la chair du peuple, la terre, l’histoire.
Quand on parle latin, il reste la verticalité nue.
Mais quand on parle cette novlangue managériale, tout devient plat. Fonctionnel. Interchangeable. La paroisse prend l’odeur d’une salle de formation.
On ne veut surtout pas paraître ancien. Alors on parle comme partout ailleurs. Et c’est là le drame : l’Église devient un lieu qui ressemble au monde au lieu d’être un lieu qui lui échappe.
Car ce que cherchent les jeunes — et les moins jeunes — ce n’est pas qu’on leur parle comme Netflix.
C’est qu’on leur parle comme l’éternité.
Le latin, le français, le provençal peuvent le faire.
Parce qu’ils n’ont pas honte d’être vieux.
Le jargon anglais, lui, a honte d’être sérieux.
Alors il rend tout sympathique, léger, digeste. Il permet une chose redoutable : parler de la foi sans jamais en ressentir le poids.
On a cru que la modernité passerait par le vocabulaire.
On a oublié que le christianisme est, par nature, une langue étrangère au monde.
Et cette langue-là n’a pas besoin d’icebreaker.
Points importants (English)
-
The issue is not English, but managerial jargon
-
Prayerful languages carry memory and depth
-
Jargon organizes; faith is received
-
Modern tone risks flattening theological weight
-
Young people seek depth, not corporate mimicry
Sources
-
Observations de réunions paroissiales contemporaines
-
Réflexion sur le langage, la mémoire et la prière
-
Analyse du vocabulaire managérial appliqué au religieux
Commentaires
Enregistrer un commentaire